Historique

Les inondations de l’hiver 2000-2001

Au printemps 2001, la vallée de la Somme est frappée par des inondations sans précédent. Le cumul des précipitations d’octobre 2000 à avril 2001 en est en partie la cause.
Depuis un siècle et vraisemblablement depuis la canalisation de la Somme (mise au gabarit Freycinet en 1880), aucune crue de cet ampleur ne s’était produite.
La crue la plus importante connue était celle de l’hiver 1994-95 qui avait été la conséquence d’un phénomène climatique comparable à celui de 2000-2001. Son ampleur était inférieure, notamment du fait que les pluies importantes n’avaient affecté, en automne, que la partie aval du bassin.

« Une crue dont les premiers effets se font sentir au mois de février 2001 »

Fin février 2001, on observe des inondations sporadiques accompagnées de mouvements de terrain localisés en raison de la montée du niveau de la nappe de craie : 45 communes enregistrent à des degrés divers une montée du niveau des eaux. Le 23 mars, les communes de Boves et de Fontaine-sur-Somme sont les premières à être évacuées. Fin mars, la submersion du lit majeur de la Somme s’amorce et se poursuit tout au long du mois d'avril.

Le 28 mars, on enregistre 60 habitations touchées par les inondations qui résultent de trois phénomènes : débordements des cours d'eau, remontées de nappes et ruissellements.

 

 

Début avril, la hausse du niveau des eaux s'accélère : le 2 avril, 890 habitations sont touchées. Mi-avril, 1155 personnes sont évacuées, 138 communes sont concernées par le phénomène, 1417 maisons et environ 2000 caves et sous-sols sont inondés. L'essentiel des dommages est concentré sur les communes d'Abbeville, de Fontaine sur Somme, de Mareuil-Caubert, d'Amiens, de Cagny, de Camon et de Pont-Rémy.

 

Du point de vue des infrastructures, 23 routes du département sont coupées, la voie ferrée entre Abbeville et Eu est paralysée, la gare d'Abbeville est inondée. En ce qui concerne le bilan économique : 450 exploitations agricoles sont touchées et 112 entreprises sont affectées.

Solidarité, soutien matériel et moral viennent de toutes parts, notamment des mobiles homes sont acheminés pour reloger les victimes. Le coût des inondations est estimé à plus de 150 millions d'euros.

 

La crue en quelques chiffres :
- 1100 personnes évacuées
- 108 communes touchées
- Plus de 2 mois d’inondation
- 150 millions d’Euros de dégâts


« A partir de mai, la décrue s’amorce très lentement »

Début Mai, avec l'interruption des pluies et l'augmentation de l'évaporation, la décrue s'amorce lentement. La lenteur de la décrue est due à l'inertie de la nappe de la craie, en effet, la nappe continue à alimenter les rivières avec un débit très élevé, alors qu'une accalmie se fait ressentir sur le plan pluviométrique. Par ailleurs, l'évacuation des eaux est contrariée par la coïncidence avec les grandes marées d'équinoxe, qui impose la fermeture plusieurs heures par jour de l'écluse de Saint Valery sur Somme, afin d'éviter la remontée de la mer dans le canal.

L'idée de créer un Syndicat mixte de bassin s'impose rapidement

Suite à cette crue exceptionnelle et afin d'instaurer la coordination des collectivités publiques concernées par les inondations (conseil général, communes, EPCI, associations syndicales , syndicats de rivières) le Préfet, en concertation avec le Président du conseil général, prend courant août 2001, l'initiative de constituer le syndicat mixte d'aménagement hydraulique du bassin versant de la Somme.

De la gestion du risque inondation à une gestion intégrée de l'eau et des milieux aquatiques

Suite aux inondations du printemps 2001 qui ont durement touché les habitants de la vallée de la Somme, le Syndicat Mixte d'Aménagement Hydraulique du Bassin Versant de la Somme a été créé par arrêté préfectoral du 23 décembre 2002. L'objectif premier de son action a été de comprendre ce phénomène de crue par remontée de nappe si particulier et de proposer une stratégie globale de prévention des inondations.

Des études de modélisation hydraulique ont été réalisées et un programme d'actions opérationnel mis en oeuvre : travaux de protection des populations, PPRI, repères de crue ...

Très vite le champ d'action du Syndicat Mixte AMEVA s'est élargi à la restauration et à l'entretien des affluents du fleuve qui représentent plus de 1 000 km de linéaire à l'échelle du bassin. Ces programmes intègrent les objectifs de la Directive Cadre sur l'Eau, à savoir l'atteinte du bon état écologique des masses d'eau pour fin 2015.

Parallèlement, le Syndicat Mixte s'est engagé en qualité d'opérateur du dispositif Natura 2000 sur un ensemble de sites qui représentent plus de 5 0000 Ha de zones humides remarquables. 

Devenu AMEVA en 2005, le Syndicat Mixte est engagé dans la démarche d'élaboration et de mise en oeuvre des SAGE (Schémas d'Aménagement et de Gestion des Eaux). Il est ainsi structure porteuse du SAGE Haute Somme depuis juin 2007 et du SAGE Somme aval et Cours d'eau côtiers depuis janvier 2012.

Reconnu Etablissement Public Territorial de Bassin par arrêté du 30 mai 2013, l'AMEVA accompagne aujourd'hui les collectivités du bassin dans l'élaboration et la mise en oeuvre des programmes de gestion du risque inondation, de restauration et d'entretien des milieux aquatiques ainsi que des opérations de reconquête et de préservation de la qualité de la ressource en eau.

Pour ce faire, il réalise les études et apporte une capacité d'expertise technique, juridique et administrative aux collectivités compétentes dans les domaines de la prévention des inondations, de la restauration des cours d'eau et des zones humides, de l'eau potable et de l'assainissement.